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Les comploteurs / Antton Rouget, Ramsès Kefi
Livre
Edité par Collectif éditions. Paris - 2026
5 janvier 2015, dans une chambre d'hôtel, à Paris. Un escort boy fait un massage au premier adjoint de la mairie de Saint-Etienne. Cet élu catholique, soutien de la Manif pour tous, ignore qu'une caméra filme la scène. Car, au sein de l'hôtel de ville stéphanois, des hommes sont déterminés à ruiner sa vie. Derrière ce complot, ils sont quatre. L'adjoint à l'éducation qui a dissimulé la caméra, le directeur de cabinet qui se targue d'avoir "la mentalité d'un criminel ", un ancien voyant spécialisé en "barbouzages ", et, tout en haut de la pyramide, Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne. Les Comploteurs raconte une histoire vraie et lève le voile sur les méthodes cruelles d'une équipe municipale qui s'inspirait du KGB. Pour la première fois, Mediapart s'associe à Collectif éditions pour relater l'une de ses enquêtes de manière incarnée et se lancer dans la littérature du réel. Les Comploteurs dévoile les coulisses de l'affaire de la sextape de Saint-Etienne, et révèle qui se cache derrière cette histoire de chantage et de manipulation.
Avis des bibliothécaires : "Les comploteurs" d’Antton Rouget et Ramsès Kefi retrace, documents et témoignages à l’appui, l’affaire du chantage à la sextape qui a fait vaciller la mairie de Saint‑Étienne. Le livre déroule la chronologie des faits, depuis l’ascension politique de Gaël Perdriau jusqu’au procès qui a conduit à la condamnation du maire et de trois membres de son entourage. Les auteurs s’appuient sur des éléments précis : les pressions exercées sur Gilles Artigues, les enregistrements, les méthodes du cabinet, les départs en cascade de cadres, les tensions dans les services, les révélations de Mediapart, puis la lente chute d’un système décrit comme “pyramidal”, où “tout remontait au maire sans le moindre détail” (p.222). Certaines citations du livre donnent la mesure du climat : “À Saint‑Étienne, les habitants sont sonnés. L’impression que le sort ne leur laisse aucun répit. Que même un scénariste sous acide n’aurait pu imaginer une histoire de cette trempe.” (p.104) “L’ambiance à la mairie me fait penser à un château de cartes, et nous sommes tous dessous.” “On ne peut plus envoyer personne à Saint‑Étienne, personne ne supporte d’y travailler.” (p.141) Le récit suit ensuite le procès, les stratégies de défense, les renversements d’alliances, les déclarations publiques, jusqu’au verdict final, où les quatre prévenus sont reconnus coupables de l’ensemble des infractions reprochées (p.230). Certaines scènes paraissent invraisemblables (les citations littéraires brandies comme des talismans, les règlements de comptes, les larmes des uns et des autres au procès) mais elles disent quelque chose d’essentiel : la chute d’un pouvoir qui se croyait indéboulonnable. Le verdict final, implacable, rappelle que “la qualité d’élu implique un devoir d’exemplarité, de dignité et de représentation” (p.230). Le livre se termine sur la démission d’office du maire, les peines prononcées, et l’image de centaines de Stéphanois rassemblés devant l’hôtel de ville pour marquer la fin d’un cycle politique (p.231). Un ouvrage rigoureux, qui documente pas à pas une affaire hors norme et éclaire, sans détour, ce qui s’est joué à Saint‑Étienne, tout en laissant en arrière‑plan la réalité quotidienne des agents qui ont continué à faire fonctionner les services publics durant cette période.
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Les comploteurs : quand la réalité dépasse la fiction »
"Les comploteurs" d’Antton Rouget et Ramsès Kefi retrace, documents et témoignages à l’appui, l’affaire du chantage à la sextape qui a fait vaciller la mairie de Saint‑Étienne. Le livre déroule la chronologie des faits, depuis l’ascension politique de Gaël Perdriau jusqu’au procès qui a conduit à la condamnation du maire et de trois membres de son entourage. Les auteurs s’appuient sur des éléments précis : les pressions exercées sur Gilles Artigues, les enregistrements, les méthodes du cabinet, les départs en cascade de cadres, les tensions dans les services, les révélations de Mediapart, puis la lente chute d’un système décrit comme “pyramidal”, où “tout remontait au maire sans le moindre détail” (p.222). Certaines citations du livre donnent la mesure du climat : “À Saint‑Étienne, les habitants sont sonnés. L’impression que le sort ne leur laisse aucun répit. Que même un scénariste sous acide n’aurait pu imaginer une histoire de cette trempe.” (p.104) “L’ambiance à la mairie me fait penser à un château de cartes, et nous sommes tous dessous.” “On ne peut plus envoyer personne à Saint‑Étienne, personne ne supporte d’y travailler.” (p.141) Le récit suit ensuite le procès, les stratégies de défense, les renversements d’alliances, les déclarations publiques, jusqu’au verdict final, où les quatre prévenus sont reconnus coupables de l’ensemble des infractions reprochées (p.230). Certaines scènes paraissent invraisemblables (les citations littéraires brandies comme des talismans, les règlements de comptes, les larmes des uns et des autres au procès) mais elles disent quelque chose d’essentiel : la chute d’un pouvoir qui se croyait indéboulonnable. Le verdict final, implacable, rappelle que “la qualité d’élu implique un devoir d’exemplarité, de dignité et de représentation” (p.230). Le livre se termine sur la démission d’office du maire, les peines prononcées, et l’image de centaines de Stéphanois rassemblés devant l’hôtel de ville pour marquer la fin d’un cycle politique (p.231). Un ouvrage rigoureux, qui documente pas à pas une affaire hors norme et éclaire, sans détour, ce qui s’est joué à Saint‑Étienne, tout en laissant en arrière‑plan la réalité quotidienne des agents qui ont continué à faire fonctionner les services publics durant cette période.
SABRINAL - Le 21 mars 2026 à 14:23