2 avis
Assaut contre la frontière / Leïla Slimani
Livre
Edité par Editions Gallimard. Paris - 2026
"Il me semble que tout roman est la tentative de répondre à une question. Et que celle qui fut à l'origine et au centre de ma trilogie est celle-ci : pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue ? Cette langue arabe, qu'est-elle pour moi ? Penser à ça, à la langue arabe, c'est ressentir un mélange de chagrin et de honte, de colère et de frustration. Comment pourrais-je vous raconter, vous faire comprendre que je parle comme une enfant la langue qui devrait être la mienne ? Que je vis avec une langue fantôme comme on parle d'un membre fantôme dont on sent encore la présence bien qu'il ait été amputé. Cette langue, je l'ai cherchée partout. Je l'ai désirée, je l'ai poursuivie, j'ai pu suivre des inconnus dans la rue simplement pour les entendre prononcer ces syllabes familières. Je pourrais aisément reprendre à mon compte les mots de l'écrivaine et peintre libanaise Etel Adnan : "Je me suis retrouvée à la porte de cette langue. Je l'ai érigée en mythe, en une sorte de paradis perdu. "" Une première version de ce texte a été lue en public par Leïla Slimani lors du Festival d'Avignon 2025.
Autres documents dans la collection «Blanche»
Rechercher sur BRISE-ES (enseignement supérieur)
Se procurer le document
Autre format
Issus de la même oeuvre
Avis
Avis des lecteurs
-
Sentiment mitigé !
Beau texte, certes, sur la langue comme refuge, comme mémoire, sorte de "paradis perdu" mais aussi sur la frustration, le chagrin et/ou la honte de l'avoir perdue, sa famille ayant fait le choix du français pour un nouveau départ... Je suis cependant restée un peu sur ma faim, sans doute parce que ce texte est le simple prolongement d'un discours prononcé par l'auteure au Festival d'Avignon... J'attendais un développement plus conséquent de ses réflexions sur la langue et la littérature et aussi une réponse à mon questionnement : pourquoi n'a-t-elle pas fait l'effort d'apprendre cette langue maternelle à laquelle on la sent pourtant si fortement attachée ?
MARIECLAUDEC - Le 28 mai 2026 à 19:07 -
assaut contre la frontière
Livre pessimiste. L'auteure, d'origine marocaine, dit sa honte de ne pas parler ni écrire en arabe. Mais qui l'a obligée à apprendre le français, le parler et l'écrire ? Pas la France. Qui l'a obligée à venir en France et non de rester au Maroc ? Pas la France. C'est tout un art de se plaindre et de se victimiser. PS : l'exil est toujours un déchirement, mais il est parfois un choix à assumer . PS : les bons auteurs sont toujours lus. Ecrire est un art universel qui ne connaît pas les frontières.
Chiara - Le 28 mai 2026 à 07:51