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Bordeaux / Shanghai / Mark Eacersall
Livre
Edité par Bamboo Editions. Charnay-lès-Mâcon - 2025
"Le plaisir est une affaire sérieuse." Le fils d'un millionnaire chinois est envoyé en France pour s'occuper de la propriété viticole que son père a achetée. Ce qui ressemble à une punition aux yeux de cet enfant gâté se révèle être un cadeau du ciel le jour où il s'éprend de l'oenologue du château. Pour plaire à cette passionnée, et accessoirement sauver le domaine en péril, le grand gamin frivole et impatient va devoir apprendre que, pour faire correctement certaines choses, il faut prendre son temps. Que ce soit l'amour ou le vin.
Avis des bibliothécaires : Bordeaux–Shanghai, c’est l’histoire de Wei Zeng, jeune héritier chinois qu’on expédie dans un château perdu pour lui apprendre la vie loin des fêtes et des mauvaises fréquentations. Le voilà chargé de gérer un domaine viticole alors qu’il ne connaît ni la langue, ni les codes, ni même la différence entre une bonne année et une année catastrophique. Son père fait partie de ces investisseurs persuadés qu’un vignoble, c’est comme une entreprise : on met de l’argent, on attend, ça tombe. Sauf que non. Le vin, c’est comme les échecs : si tu ne prévois pas un coup d’avance, tu perds.
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Leçon de vin pour ceux qui n’y connaissent rien
J’ai fait les vendanges une fois, sur les terres savoyardes. Munie de mon sécateur, j’allais à la rencontre d’un fruit que je ne mange même pas : je n’aime pas les grains de raisin. Mais une fois travaillé, fermenté, vieilli, mis en bouteille… là oui, je l’aime. Je vais être honnête : j’aimerais aimer la bière. Surtout l’été, quand tout le monde a l’air heureux avec sa mousse fraîche. Mais non. Mon cœur, lui, a choisi le vin rouge. Le vin rouge qui va de l’apéro au dessert, qui s’entend aussi bien avec la charcuterie qu’avec un plat végétarien, qui ne juge pas, qui accompagne. Bref, le vin rouge qui sait vivre et je l'aime en bonne compagnie Alors forcément, une BD qui parle de vignoble, de terre et de patience, je fonce. Bordeaux–Shanghai, c’est l’histoire de Wei Zeng, jeune héritier chinois qu’on expédie dans un château perdu pour lui apprendre la vie loin des fêtes et des mauvaises fréquentations. Le voilà chargé de gérer un domaine viticole alors qu’il ne connaît ni la langue, ni les codes, ni même la différence entre une bonne année et une année catastrophique. Son père fait partie de ces investisseurs persuadés qu’un vignoble, c’est comme une entreprise : on met de l’argent, on attend, ça tombe. Sauf que non. Le vin, c’est comme les échecs : si tu ne prévois pas un coup d’avance, tu perds. Et c’est là que la BD devient savoureuse. On découvre le métier du vin à travers les yeux d’un novice, futile, maladroit, mais curieux. Ce regard neuf révèle tout ce que les habitués ne voient plus : la terre, les gestes, les saisons, les années qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Les dessins d’Amélie Causse rendent tout cela avec une précision tendre : on sent que le vin n’est pas qu’un produit, mais un lien. Et puis il y a cette idée simple, mais essentielle : tout ne peut pas s’acheter. Un arbre millénaire ne devient pas millénaire parce qu’on le déterre pour le replanter ailleurs. La nature a son tempo, et elle ne négocie pas. On ne sait pas si la nature gagne. On espère, c’est tout. Elle avance à son rythme, sans promettre rien, mais elle garde cette force qui nous fait croire que tout n’est pas perdu. Bordeaux–Shanghai, c’est donc l’histoire d’un jeune homme qui croyait tout savoir et d’un monde qui lui apprend l’humilité. Une BD sur la transmission, la patience, et ce que la terre exige de nous. Et pour une fois, ça fait du bien de lire une histoire où le vin n’est pas un accessoire, mais un personnage à part entière.
SABRINAL - Le 29 décembre 2025 à 09:06