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La pentatonique du coeur / Marcus Malte
Livre
Edité par Buchet-Chastel ; Impr. Floch - 2025
Il n'y a qu'un seul dieu, c'est le rhythm and blues, et Dan Aykroyd et John Belushi sont ses prophètes. Novembre 1980, La Seyne-sur-Mer. Sur les sièges miteux du dernier cinéma de la ville, un jeune adolescent vit une épiphanie en assistant à la projection du film Les Blues Brothers. Persuadé d'avoir trouvé sa voie, il se réinvente en Muddy Miles, bluesman aux lunettes et chapeau noirs. Sous sa nouvelle identité, il découvrira la guitare, l'amitié, la scène, l'élan amoureux et l'écriture. Marcus Malte signe ici une autobiographie fictive sous forme d'épopée musicale, entre humour et émotion, espoir et nostalgie. Depuis les plages de la Méditerranée jusqu'aux rives du Mississippi, dans la ballade de Muddy Miles se côtoient Ray Charles, un ramasseur de bouteilles, des ados débrouillards, Aretha Franklin et des ouvriers des chantiers navals comme autant de membres d'un orchestre inoubliable.
Avis des bibliothécaires : On suit Marc, gamin des années 80, qui deviendra Muddy Miles après une séance cinématographique, des Blues Brothers. Ce n’est pas un détail : c’est le moment où sa vie bascule vers le blues, et Malte raconte ça sans posture, sans jargon, sans se placer au-dessus du lecteur. Dès les premières pages, on comprend que ce livre fonctionne sur un principe simple : « Viens, je te raconte », pas « Assieds-toi, je t’explique ». C’est ce ton-là qui fait la différence. Les chapitres se terminent sur des apartés musicaux ou historiques avec par exemple Aretha Franklin, ses violences subies, les trajectoires brisées autour d’elle. Ce sont des passages précis, documentés, mais jamais professoraux. Malte ne cherche pas à nous instruire ; il partage ce qui l’a construit. Il ouvre une porte, il ne donne pas un cours. Et le fait que ces explications arrivent en fin de chapitre, entre parenthèses, dans des sections appelées « pistes », montre bien que nous, lecteurices, ne sommes pas obligés de les lire. La transmission reste libre. Le roman porte aussi les traces idéologiques des années 80. Quelques regards très masculins, des phrases qui datent, des scènes qui peuvent heurter aujourd’hui. Rien de central, rien qui structure le récit, mais ça dit une époque, une manière de penser alors banalisée. On le note, on le replace, et on continue. Parce qu’au fond, ce livre parle surtout d’autre chose : d’une adolescence, d’amitiés solides, d’un territoire, d’une guitare qui remplace la méthode rose (je me souviens très bien de cette méthode pour apprendre le piano), et d’une musique qui devient une manière de lire le monde. Malte brouille les pistes entre fiction et autobiographie, mais toujours avec légèreté. Même le jeu méta final ( l’auteur qui évoque la sortie du livre qu’on est en train de lire) reste dans cette logique de proximité, presque de confidence. La pentatonique du cœur est un roman qui donne envie d’écouter du blues, pas parce qu’on nous dit que c’est important, mais parce qu’on sent ce que ça a changé pour lui. Et c’est exactement ça, la force du livre : une transmission horizontale, vivante, qui ne cherche jamais à avoir raison, seulement à partager.
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Un roman qui partage le blues comme on partage une histoire de vie
On suit Marc, gamin des années 80, qui deviendra Muddy Miles après une séance cinématographique, des Blues Brothers. Ce n’est pas un détail : c’est le moment où sa vie bascule vers le blues, et Malte raconte ça sans posture, sans jargon, sans se placer au-dessus du lecteur. Dès les premières pages, on comprend que ce livre fonctionne sur un principe simple : « Viens, je te raconte », pas « Assieds-toi, je t’explique ». C’est ce ton-là qui fait la différence. Les chapitres se terminent sur des apartés musicaux ou historiques avec par exemple Aretha Franklin, ses violences subies, les trajectoires brisées autour d’elle. Ce sont des passages précis, documentés, mais jamais professoraux. Malte ne cherche pas à nous instruire ; il partage ce qui l’a construit. Il ouvre une porte, il ne donne pas un cours. Et le fait que ces explications arrivent en fin de chapitre, entre parenthèses, dans des sections appelées « pistes », montre bien que nous, lecteurices, ne sommes pas obligés de les lire. La transmission reste libre. Le roman porte aussi les traces idéologiques des années 80. Quelques regards très masculins, des phrases qui datent, des scènes qui peuvent heurter aujourd’hui. Rien de central, rien qui structure le récit, mais ça dit une époque, une manière de penser alors banalisée. On le note, on le replace, et on continue. Parce qu’au fond, ce livre parle surtout d’autre chose : d’une adolescence, d’amitiés solides, d’un territoire, d’une guitare qui remplace la méthode rose (je me souviens très bien de cette méthode pour apprendre le piano), et d’une musique qui devient une manière de lire le monde. Malte brouille les pistes entre fiction et autobiographie, mais toujours avec légèreté. Même le jeu méta final ( l’auteur qui évoque la sortie du livre qu’on est en train de lire) reste dans cette logique de proximité, presque de confidence. La pentatonique du cœur est un roman qui donne envie d’écouter du blues, pas parce qu’on nous dit que c’est important, mais parce qu’on sent ce que ça a changé pour lui. Et c’est exactement ça, la force du livre : une transmission horizontale, vivante, qui ne cherche jamais à avoir raison, seulement à partager.
SABRINAL - Le 12 avril 2026 à 09:12