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Le Chat du Jardinier / Thomas Schlesser
Livre
Edité par Albin Michel. Paris - 2026
"La poésie, c'est le plus joli surnom que l'on donne à la vie". Une tempête vient de ravager l'arrière-pays provençal. Louis, jardinier hypersensible, ne parvient plus à faire face aux épreuves qui s'accumulent et plonge dans une souffrance muette. Il va alors faire la connaissance d'une femme extraordinaire. Thalie, professeure de français fraîchement retraitée, à la fantaisie solaire et communicative, va lui proposer un pacte : Louis soignera les oliviers et les lauriers-roses de son domaine voisin dévasté tandis qu'elle l'initiera aux pouvoirs de la poésie. De Sappho à Hugo et Rimbaud, de Pessoa à Neruda, un hymne aux mots des plus grands poètes, à l'amitié et à la vie. Au verso de la jaquette, découvrez le manuscrit du célèbre poème de Rimbaud, L'Eternité.
Avis des bibliothécaires : Je n’ai pas terminé ce roman. Pas par manque de curiosité, mais parce qu’au bout d’un moment, j’ai eu l’impression d’assister à un cours particulier déguisé en fiction. Et moi, quand on me parle comme à une élève docile, je décroche. Dès les premières pages, Thalie déroule ses leçons : Homère, Virgile, l’épopée, la politique dans la poésie… tout y passe. Elle explique, elle commente, elle théorise. Louis écoute, intimidé. Et moi, lectrice, je me suis retrouvée exactement dans sa position : en bas de la pyramide, à recevoir un savoir qui descend d’en haut. Quand j’ai lu « Allez ! Au travail et je vais tout vous expliquer ! », j’ai compris que ce serait la bande-son du roman. Et là, franchement : comment peut-on espérer donner envie de lire de la poésie en parlant comme un “sachant” ? La poésie, ça se partage. Ça circule. Ça se glisse dans une voix, un geste, un souvenir. Ça ne s’assène pas comme une démonstration. Le problème n’est pas la poésie, ni les références, ni même l’intention. Le problème, c’est la posture. Une pédagogie verticale, très « je sais, je t’explique », qui laisse peu d’espace au lecteur. Les scènes semblent construites pour illustrer un propos, pas pour faire vivre des personnages. Résultat : je n’ai pas senti la poésie. Je l’ai vue expliquée. Il y a bien quelques moments sensibles, une douceur dans la relation entre Louis et Thalie, et une vraie envie de transmettre. Mais pour moi, tout cela reste étouffé par la volonté de démontrer, d’initier, de cadrer. Je referme donc le livre sans colère, mais avec un constat simple : je préfère les livres qui me disent « viens, je te raconte », pas ceux qui me disent « laisse-moi t’expliquer ». Ici, la poésie ne m’a pas été donnée. Elle m’a été enseignée. Et ça, pour moi, ça casse tout.
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Quand la poésie devient un cours magistral, j’abandonne la salle
Je n’ai pas terminé ce roman. Pas par manque de curiosité, mais parce qu’au bout d’un moment, j’ai eu l’impression d’assister à un cours particulier déguisé en fiction. Et moi, quand on me parle comme à une élève docile, je décroche. Dès les premières pages, Thalie déroule ses leçons : Homère, Virgile, l’épopée, la politique dans la poésie… tout y passe. Elle explique, elle commente, elle théorise. Louis écoute, intimidé. Et moi, lectrice, je me suis retrouvée exactement dans sa position : en bas de la pyramide, à recevoir un savoir qui descend d’en haut. Quand j’ai lu « Allez ! Au travail et je vais tout vous expliquer ! », j’ai compris que ce serait la bande-son du roman. Et là, franchement : comment peut-on espérer donner envie de lire de la poésie en parlant comme un “sachant” ? La poésie, ça se partage. Ça circule. Ça se glisse dans une voix, un geste, un souvenir. Ça ne s’assène pas comme une démonstration. Le problème n’est pas la poésie, ni les références, ni même l’intention. Le problème, c’est la posture. Une pédagogie verticale, très « je sais, je t’explique », qui laisse peu d’espace au lecteur. Les scènes semblent construites pour illustrer un propos, pas pour faire vivre des personnages. Résultat : je n’ai pas senti la poésie. Je l’ai vue expliquée. Il y a bien quelques moments sensibles, une douceur dans la relation entre Louis et Thalie, et une vraie envie de transmettre. Mais pour moi, tout cela reste étouffé par la volonté de démontrer, d’initier, de cadrer. Je referme donc le livre sans colère, mais avec un constat simple : je préfère les livres qui me disent « viens, je te raconte », pas ceux qui me disent « laisse-moi t’expliquer ». Ici, la poésie ne m’a pas été donnée. Elle m’a été enseignée. Et ça, pour moi, ça casse tout.
SABRINAL - Le 12 avril 2026 à 09:32